les Hémériens

Les Hémériens sont des métamorphes (mi-humains, mi-animaux, mi-monstres). Ces démons supérieurs à la beauté́ ensorcelante sont des seigneurs de guerre, les maîtres de landes qui bordent les Enfers. Nous avons tous entendu parler des diables mystérieux qui s’infiltrent auprès des humains et les charment pour mieux les asservir.

Ces créatures mystiques prennent différentes formes à travers les cultures. Les asiatiques, par exemple, se méfient des Huli Jing : des esprits-renards qui se métamorphosent en de magnifiques femmes pour séduire les hommes et consommer leur énergie vitale.

La Tentation de Saint Antoine, retable d’Issenheim, Grünewald (1512 – 1516). Musée Unterlinden de Colmar, France.

Les premiers textes évoquant les démons remontent à environ 3000 av. J.-C., à l’époque mésopotamienne. Ces derniers sont décrits comme les créations des dieux destinées à être leurs armes et leurs messagers auprès de l’humanité. Dans la Grèce antique, les démons pouvaient être perçus comme une forme d’ange gardien. Le philosophe Socrate associait la voix intérieure qui le guidait à un daímōn, une puissance personnelle située à mi-chemin entre les dieux et les hommes. Au Ier siècle apr. J.-C., le philosophe juif Philon d’Alexandrie faisait une corrélation entre les daímōns, les anges et même les génies. Mais selon lui, il en existait des « corrompus », tels que ceux qui convoitent les descendantes mortelles des hommes.

La Genèse fait allusion aux Nephilim. Le terme hébraïque naphil signifierait à la fois ceux qui tombent et ceux qui font tomber. Il sous-entend ceux qui corrompent les âmes humaines. Elle mentionne des géants nés de l’union charnelle entre des fils de Dieu (les anges d’après l’une des deux interprétations en vigueur) et des filles des hommes (des mortelles). Ces géants étaient également associés aux héros et demi-dieux de la Grèce antique.

La Chute des anges rebelles, Pierre Bruegel (1562). Musées royaux des beaux-arts de Bruxelles, Belgique. 

DRAKLANE NAHASHEL
Seigneur de l’Edenhemas
Régent de l’Hemasiel

BLADE VÉLÈS
Seigneur de l’Elyseehemas
Régent de l’Hemasiel

Descendante des Veilleurs — exilés pour être tombés amoureux des femmes humaines et leur avoir donné accès aux sciences occultes — la lignée des Hémériens a été punie. Pour atteindre la paix, ces démons doivent œuvrer au nom des lois cosmiques. Et paradoxalement, ils ne peuvent tomber amoureux que de l’espèce humaine — plus précisément de celui ou celle qui leur vient en aide. Sans cette union, ils souffrent, solitaires et incomplets.

Quand une personne, par un geste de bonté, enclenche le processus d’union, l’Hémérien la mord une première fois pour imposer sa marque et la préparer au changement.

La seconde morsure, réalisée lors d’un pacte, est la plus importante. Elle permet l’échange de sang, la donation consentie de l’âme et l’ajout de venin afin d’amorcer la mutation.

Enfin, l’acte ultime après l’accouplement physique ou spirituel passe par la mort du ou de la bien-aimé(e). 

Dante et Virgile, William Bouguereau (1850). Musée d’Orsay Paris, France.

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